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À l’approche de la Journée mondiale de la prévention du suicide, le 10 septembre, trois membres du Projet Prévenir Ensemble (PREVENS) ont présenté une recherche-action participative menée en collaboration avec la coalition Interjeunes, qui lance un sondage visant la co-construction d’actions en prévention du suicide chez les adolescentes de 14 à 19 ans en milieu communautaire dans la région.

« C’est un beau projet financé par les Fonds de recherche du Québec (FRQ). Puis, on a eu la réponse en 2025. On a donc décidé de parler de ce projet-là qui se veut être de la prévention du suicide auprès des adolescentes de 14 à 19 ans. […] On voulait que ce soit dans un milieu rural, car la réalité est différente dans ce type de milieu », confie la professeure titulaire à l’UQAR au campus de Lévis et chercheure principale de la recherche-action participative, Nathalie Maltais.

Cette recherche de type action-participative (RAP) est assez différente d’une recherche traditionnelle, puisque tous les participants peuvent être cochercheurs.

« Ils peuvent s’impliquer comme ils veulent dans la recherche. On veut vraiment que ce soit par eux et pour eux. […] Pour donner un exemple, les adolescentes vont s’impliquer en décidant de la question de recherche », précise Mme Maltais.

Cette RAP permettra notamment de répondre à trois objectifs bien précis, soit comprendre le phénomène du suicide et de sa prévention selon la perspective des adolescentes de 14 à 19 ans, de coconstruire des actions en prévention du suicide et d’évaluer les actions développées.

Pour ce faire, ce projet se déroule en trois phases. Il y a d’abord la planification, suivra l’implantation et, finalement, il y aura l’évaluation.

Le fonctionnement pour les jeunes

Pour y arriver, il y a notamment des ateliers d’une durée d’environ trois heures avec les jeunes afin d’échanger sur certains sujets.

« Le but ultime, c’est de parler du suicide, car c’est le sujet pour lequel on tente d’aller chercher des informations. Lors des ateliers, on fait des activités, des discussions et, parfois, on touche des cordes sensibles. […] La dernière fois, il est sorti que les jeunes voulaient être plus écoutés afin d’être mieux compris », explique une étudiante à la maîtrise avec Nathalie Maltais, Béatrice Giguère.

Le but de ces ateliers était, entre autres, de créer un sondage qui est désormais disponible sous forme de code QR.

« Le sondage, ce n’est pas seulement pour les jeunes. On invite l’entièreté de la population, peu importe le groupe d’âge, à participer. Les gens vont voir des collants un peu partout et il y a un code QR pour qu’ils puissent répondre au sondage. Ce sont les jeunes qui l’ont fait, donc ce sont des réponses brèves », promet Mme Maltais.

Ce sondage anonyme porte notamment sur la façon dont les gens voient la prévention du suicide, s’ils en parlent et s’ils ont de la difficulté à parler de ce sujet.

À la suite de ce sondage, ce seront les jeunes qui dicteront la prochaine étape.

« Quand on va pouvoir recueillir ces données-là, on va les présenter aux jeunes et on va leur demander ce qu’ils en pensent et qu’est-ce que ça fait émerger chez eux », explique Mme Giguère.

Il est encore possible pour les jeunes de 14 à 19 ans de participer au projet, alors que l’équipe de PREVENS fait du recrutement.

Le suicide, un sujet tabou

Selon le FRQ, la région de Chaudière-Appalaches est l’un des endroits du Québec présentant le plus haut taux de suicide pour l’ensemble de la population.

« Chez les filles de 15 à 19 ans dans la région de Chaudière-Appalaches, entre 2016 et 2020, le taux d’hospitalisation pour une tentative de suicide était de 8,7 pour 10 000 personnes », peut-on lire.

Malgré tout, le suicide semble toujours être un sujet tabou dans la société, alors que l’équipe de recherche a remarqué qu’il était encore difficile aujourd’hui d’aborder ce sujet.

« C’est sûr qu’on constate que c’est encore difficile d’aborder ce sujet-là, en tout cas, ici dans les MRC de Montmagny-L’Islet. Mais c’est sûr que ce n’est pas facile. Les gens ont plein de raisons, ce qui fait en sorte qu’ils ont de la difficulté à en parler », conclut Nathalie Maltais.

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